louange


louange

louange [ lwɑ̃ʒ ] n. f.
• 1120; de 1. louer
1Littér. Action de louer (qqn ou qqch.); le fait d'être loué. éloge; 1. louer. « La louange ne sert qu'à corrompre ceux qui la goûtent » (Rousseau). À la louange de : en l'honneur de. Discours à la louange d'un héros. apologie, panégyrique.
2Cour. (généralt au plur.) Témoignage verbal ou écrit d'admiration ou de grande estime. compliment, félicitation. Prodiguer des louanges à qqn. 1. louer; encenser. Attitude digne de louange(s). 1. louable. Ce fut un concert de louanges. Louanges outrées, serviles. flagornerie, flatterie. « Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois » (La Rochefoucauld).
3Titre à être loué; mérite. gloire. C'est tout à sa louange. Il faut « reconnaître, à sa louange, qu'il [...] » (Henriot).
⊗ CONTR. Blâme, 2. critique, reproche.

louange nom féminin (de louer) Action de célébrer le mérite de quelqu'un, de quelque chose : Son attitude est digne de louange.louange (citations) nom féminin (de louer) Nicolas Boileau, dit Boileau-Despréaux Paris 1636-Paris 1711 Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue. L'Art poétique Jean de La Fontaine Château-Thierry 1621-Paris 1695 On ne peut trop louer trois sortes de personnes : Les dieux, sa maîtresse, et son roi. Fables, Simonide préservé par les dieux François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 Il y a des reproches qui louent et des louanges qui médisent. Maximes François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 Nous ne louons d'ordinaire de bon cœur que ceux qui nous admirent. Maximes François, duc de La Rochefoucauld Paris 1613-Paris 1680 Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit. Maximes François de Malherbe Caen 1555-Paris 1628 […] l'art d'en faire les couronnes N'est pas su de toutes personnes ; Et trois ou quatre seulement, Au nombre desquels on me range, Peuvent donner une louange Qui demeure éternellement. Odes lauriers Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu château de La Brède, près de Bordeaux, 1689-Paris 1755 Nous louons les gens à proportion de l'estime qu'ils ont pour nous. Mes pensées Jean de Sponde Mauléon 1557-Bordeaux 1595 À gagner un beau bien on gagne une louange, Mais on en gagne mille à ne le perdre point. Sonnets d'amour, VIII Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues Aix-en-Provence 1715-Paris 1747 C'est un grand signe de médiocrité de louer toujours modérément. Réflexions et Maximes Friedrich Nietzsche Röcken, près de Lützen, 1844-Weimar 1900 Ce que nous faisons n'est jamais compris, et n'est toujours accueilli que par les louanges ou la critique. Was wir tun, wird nie verstanden, sondern immer nur gelobt und getadelt. Le Gai Savoir louange (expressions) nom féminin (de louer) À la louange de, pour célébrer le mérite de quelqu'un, de quelque chose, à l'honneur. ● louange (synonymes) nom féminin (de louer) Action de célébrer le mérite de quelqu'un, de quelque chose
Synonymes :
- éloge
- félicitation

louange
n. f.
d1./d Discours par lequel on loue qqn; éloge.
d2./d Gloire, mérite. Cette action est à la louange de son auteur.

⇒LOUANGE, subst fém.
[Correspond à louer1]
A.Au sing. Action de louer quelqu'un, en particulier une divinité, ou quelque chose; résultat de cette action; gloire, mérite qui est propre à quelqu'un, à une divinité, à quelque chose et qu'on lui reconnaît, qu'on se plaît à célébrer. Louange éternelle; aimer la louange; être sensible à la louange; sacrifice de louange. Celui qui dispose du blâme et de la louange aura toujours, ici-bas, une grande part d'influence sur les esprits (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 59). N'est-il pas vrai (...) que le but de la vie monastique devrait être la louange ininterrompue de Dieu? (HUYSMANS, Oblat, t. 2, 1903, p. 47).
Louange à qqn ou à qqc. Louange à Dieu. Gloire et louange à toi, Seigneur! À toi merci! (DIERX, Poèmes, 1864, p. 7):
1. Grâces aux jours bleus qu'on voit des montagnes,
Grâces aux soirs verts sur la mer.
Louange au pays des collines qui vibrent
Entre les cyprès durs (...)
Et gloire aux grands fûts des forêts du Sud...
JOUVE, Trag., 1922, p. 144.
À la louange de qqn ou de qqc. Article, cantique, hymne à la louange de qqn. Je le dis à ma louange ou à ma honte, comme on voudra, mais j'aime à sortir de ma cellule (JOUY, Hermite, t. 4, 1813, p. 324). Chronique à la louange d'un livre de Léon Daudet (BLOY, Journal, 1895, p. 190).
C'est, qqc. est (tout) à la louange de qqn. Je pourrais vous citer un petit livre qui n'est pas à notre louange (ABOUT, Roi mont., 1857, p. 162):
2. ...elle se disait raisonnablement: «Évariste saura, quelque jour, des secrets dont je ne suis pas seule dépositaire; il vaut mieux qu'un aveu, dont la liberté est toute à ma louange, l'instruise de ce qu'il aurait appris un jour à ma honte».
A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p. 59.
Par antiphrase. ,,Voilà des vers à sa louange`` (Ac. 1835). ,,Voilà des paroles, un écrit qui ne sont pas à son honneur, qui ne lui sont pas favorables`` (Ac. 1835).
B. — Le plus souvent au plur.
1. Parole(s), écrit(s) par le(s)quel(s) on loue quelqu'un, en particulier une divinité, ou quelque chose. Vaines louanges; concert de louanges; (être) digne de louanges. On n'y entendit jamais que des actions de grâce et des louanges pour Dieu (LACORD., Éloge fun. Drouot, 1847, p. 37). Au bout de dix ans de succès, de lutte et de travail, d'attaques et de louanges dans toute la presse (GONCOURT, Journal, 1861, p. 889):
3. Elle m'a demandé (...) si c'était bien à l'auteur qu'elle avait le plaisir de parler; puis aussitôt s'est lancée dans une longue appréciation de mon livre. Son jugement, louanges et critiques, m'a paru plus intelligent que ceux que j'ai coutume d'entendre...
GIDE, Faux-monn., 1925, p. 1072.
SYNT. Louanges délicates, exagérées; cantique de louanges; (être) avare de louanges; accepter une louange; accueillir, mériter des louanges.
Adresser, donner des louanges à qqn, à qqc. L'auteur immortel du Contrat social a donné en toute occasion les plus grandes louanges au système graduel que j'ai l'honneur de vous soumettre (Le Moniteur, t.2, 1789, p. 357). Mes ennemis me faisaient des reproches et ceux qui me donnaient des louanges conspiraient contre moi (MAUROIS, Disraëli, 1927, p. 221).
[P. allus. à la maxime 149 de La Rochefoucauld] Je t'en prie, pas de fausse modestie. Tu sais que le refus des louanges est le désir d'être loué deux fois (MONTHERL., Exil, 1929, II, 5, p. 62).
2. Mérites de quelqu'un, de quelque chose.
a) Célébrer, chanter, dire, publier les louanges (d'une divinité, d'un haut personnage). David, tu m'apprendras à chanter les louanges et les merveilles du Seigneur (SAINT-MARTIN, Homme désir., 1790, p. 264):
4. Ossian va parler d'Oscar.
Mon fils revenait de la chasse;
Il entend célébrer les louanges du roi,
Et sent redoubler son audace.
BAOUR-LORMIAN, Ossian, 1827, p. 217.
b) P. anal. Chanter les louanges (d'une personne ordinaire, d'une chose). Le vieux Jean-Michel (...) fier de son petit-fils, en allait chanter les louanges chez toutes ses connaissances (ROLLAND, J.-Chr., Adolesc., 1905, p. 252). Depuis dix-neuf siècles, toutes les âmes d'esclaves chantent les louanges du remède (J.-R. BLOCH, Dest. du S., 1931, p. 266).
Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1re moitié XIIe s. (Psautier Oxford, 65, 1 ds T.-L.: dunez glorie al löenge de lui); 1121-34 faire löenge (PHILIPPE DE THAON, Bestiaire, 16, 19, ibid.); 2. 1176-81 (CHRÉTIEN DE TROYES, Lion, éd. M. Roques, 2191). Dér. de louer1; suff. -ange. Fréq. abs. littér.: 1 072. Fréq. rel. littér. XIXe s.: a) 2 003, b) 1 182; XXe s.: a) 1 456, b) 1 335.

louange [lwɑ̃ʒ] n. f.
ÉTYM. 1120, loenge, sens 3; de 1. louer.
1 (V. 1160). Littér. Action de louer (qqn ou qqch.); fait d'être loué. Éloge (→ ci-dessous, cit. 2, Lafaye), los (vx). || La louange de qqn (à l'égard de qqn, de qqch.). || La louange de qqn, que reçoit qqn. || Fuir, rechercher la louange. || Être sensible à la louange (→ Apprêter, cit. 8).Vx. || L'encens, au parfum de la louange.|| « La louange ne sert qu'à corrompre ceux qui la goûtent » (→ Blâmer, cit. 6, Rousseau). || « La louange, comme le vin, augmente les forces quand elle n'enivre (cit. 11) pas » (Trévoux). || La louange des martyrs. Exaltation, glorification. || À la louange de… Honneur (en l'honneur de). || Discours à la louange d'un héros. Apologie, panégyrique. || Inscriptions à la louange d'un souverain (→ Entremêler, cit. 5). || Psaumes à la louange de Dieu. Laudes.
1 De toutes les pratiques du monde, la louange est la plus habilement perfide.
Balzac, le Médecin de campagne, Pl., t. VIII, p. 482.
2 Éloge est un substantif pur, et louange un substantif verbal (…) Éloge signifie plutôt un objet, et louange une action : éloge a plutôt rapport aux choses dites et au sens : et louange, au fait de les dire et à l'expression. « Il est un petit nombre d'hommes que les éloges font rougir, que la louange déconcerte » Buffon… Aussi, dit-on bien, la louange, simplement et sans aucune détermination : être sensible à la louange (…) La louange est un genre d'action ou d'effet qui se comprend de lui-même et abstraction faite des choses qui peuvent s'y trouver mêlées. — En deux mots, éloge est matériel et relatif : et louange, formel et absolu.
Lafaye, Dict. des synonymes, Éloge, Louange.
2 (V. 1265). Cour. (généralt au plur.). Témoignage d'admiration ou de grande estime, donné verbalement ou par écrit (à qqn, à qqch.). || Louange qui flatte l'amour-propre. Compliment (cit. 4). || Donner, prodiguer des louanges. Louer. || Accabler, couvrir qqn de louanges. Encenser. || Mériter de grandes louanges (→ Incomparable, cit. 8). || Être avare, avide de louanges. || Soyez en garde (1. Garde, cit. 25) contre les louanges. || Attitude digne de louange(s). Louable. || On ne lui a pas ménagé les louanges. Applaudissement (cit. 10), encouragement, félicitation. || Louanges outrées, serviles. Flagornerie, flatterie. || Louanges délicates, flatteuses (cit. 8). || Louanges dithyrambiques, hyperboliques ( Dithyrambe, encens). || Concert (cit. 11) de louanges. || Célèbrer (cit. 7) la gloire de Dieu par des louanges. || Louange à Dieu, au Seigneur ! (→ Hosanna, cit. 1).
3 Nous choisissons souvent des louanges empoisonnées qui font voir, par contre-coup, en ceux que nous louons des défauts que nous n'osons découvrir d'une autre chose.
La Rochefoucauld, Maximes, 145.
4 Il y a des reproches qui louent, et des louanges qui médisent.
La Rochefoucauld, Maximes, 14.
5 Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois.
La Rochefoucauld, Maximes, 149.
6 (…) mais défiez-vous de ses douces paroles; ne lui ouvrez jamais votre cœur; craignez le poison flatteur de ses louanges.
Fénelon, Télémaque, IV.
7 Rien ne facilite les coups de foudre comme les louanges données d'avance et par des femmes, à la personne qui doit en être l'objet.
Stendhal, De l'amour, XXIII.
3 Vx. Titre de gloire, mérite. Los (vx). || Il ne tarit pas sur vos louanges. || C'est à lui que revient la louange de cette action, la louange d'avoir fait cela (→ Évocation, cit. 2).Homme illustre (cit. 1) couvert de louange, de gloire, d'honneur (cit. 25).
Mod. (dans certaines expressions). || C'est tout à sa louange. || Disons-le à sa louange…Célébrer, chanter les louanges, la louange de Dieu, des héros (cit. 4). 1. Louer.Fam. || Chanter les louanges d'une civilisation. Valoir (faire), vanter (→ Cœur, cit. 59).
8 Ceux qui chantent la louange du travail sont ceux qui ne travaillent pas.
M. Van der Meersch, l'Élu, p. 115.
9 Mais il faut aussi reconnaître, à sa louange, qu'il (Sainte-Beuve) a placé très haut son idéal de critique et d'historien des lettres (…)
Émile Henriot, les Romantiques, p. 236.
CONTR. Affront, anathème, animadversion, blâme (cit. 3 et 5), brocard, calomnie, censure (cit. 2), correction, 2. critique (cit. 23), dénigrement (cit. 4), diffamation, épigramme, injure, réprimande, reproche.
DÉR. Louanger.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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